LE CIRQUE DES AGONIES

De quelle manière, quelque part, dans quelque endroit qu’on a aseptisé revient le crime ?

 

Le Cirque des agonies est une performance-spectacle fleuve mettant en scène une troupe de circassiens sans âge dans leur ultime lueur. Ce « spectacle » né d’instants poétiques nourrit un questionnement sur les questions d’autorité, d’ordre social, d’hygiénisme et d’eugénisme.

 Le spectateur arrive dans un espace vaste et parsemé d’objets insolites et hétérogènes laissés là, une caravane de clowns, vieux comme le monde vient sûrement d’arriver, iels déposent les mémoires de leurs errances dans cet endroit. Se sont passées quelques choses, on ne les nommera pas mais on ne les oublie pas. Les circassiens vont cesser leur errance. On est tous très conscient qu’on est après quelque chose et juste avant une autre. On est entre ; dans la faille. On ne parle pas, on respire, à ce stade c’est suffisant, ça peut s’arrêter bientôt.

 L’univers dans lequel évoluent les agonisants n’est pas un post-apo ; c’est un univers post-purgation. Une grande mécanique-politique de purification. Les clowns en furent les premiers témoins, surement les victimes. On arrive dans l’apodose du voyage, la redescente, l’après trip. L’après voyage, c’est ça, l’après voyage. Et puis ce n’est  plus qu’un bal très lent de valseurs amputés.

 On parle d’espace, pas de distance, Ici les actions s’exécutent dans une matière résistante. Si l’allure est lente c’est parce que les corps évoluent dans un mastic comme s’ils étaient en train d’être sculptés, juste avant d’être moulés dans du plâtre.

 Il y a dans cet objet un désir d’abolir les traces de la dramaturgie. En abolissant le temps psychologique les agonisants présentent une histoire sans mots où le récit de leurs vies est catapulté en une série d’actions visuelles esthétiquement frappantes, à la limite de l’arrêt. Entre autres : deux visages, l’un de cire, l’un de glace fondent sur la tête de leurs modèles humains ; un vêtement se froisse sur un corps à mesure qu’une cigarette longue de cinquante centimètres est fumée ; les clowns boivent d’une traite quatre litres d’eau pour essayer de pleurer ; on les maquille à coup de rouleaux de peinture ; celleux qui ont encore la force de marcher tirent les autres sur des planches à roulette. 

               

Tout est beau, tout est pacifique et pourtant c’est un combat qui se trame, les volontés sont éprouvées, le monde se fend, chacun regarde, tous sont prêt à bondir.

Le Cirque des Agonies sera un objet un peu étrange, un peu baroque, un peu kitsch, probablement drôle. Une messe bancale, une marche pour le climat d’amputé.es, un cabaret transformiste pour aveugles.

 

Un drame palliatif. Un spectatastophe.

Cet objet sera une atmosphère, un instant fugace qui laisse une trace sans que vraiment on s’en souvienne dans les moindres détails.

La folie efface tout, ouvrons la fenêtre et voyons ce qu’il reste du paysage.

C’est très pragmatique. Que fait une troupe de comédiens au bord de l’extinction ?

création 2019

partition muette pour clowns en cavale

conception et mise en scène

léo landon barret

le temps

alice syrakvash

chenille

camille danan

papillon

susann sindberg

kif-kif-pied-d-argent

gaudéric maléjac

osseleau

mégane martinel

centlengue

alice lépine

notre dame

maxime lambert

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